Faire des joints de carrelage au sol : guide complet

Dans cet article

  • Faire des joints de carrelage au sol nécessite un temps de séchage de la colle de 24 à 48 heures minimum avant toute intervention
  • Le dosage idéal du mortier joint se situe autour de 6 litres d’eau pour 25 kg de poudre, à ajuster selon la marque et la consistance visée
  • Le passage de l’éponge doit intervenir entre 15 et 30 minutes après l’application, quand le joint commence à matifier sans être encore dur
  • Un carrelage 30 × 60 cm avec joints de 3 mm consomme environ 1,5 à 2 kg de mortier par m², soit un sac de 25 kg pour 12 à 15 m²
  • La technique du joint sans creusage repose sur une raclette en caoutchouc tenue à 45° et un nettoyage méthodique en diagonale des carreaux
  • Comptez 2 à 4 heures de travail effectif pour jointer 15 m² de sol, plus 24 heures de séchage complet avant circulation

J’ai passé des heures à genoux sur des chantiers parisiens à observer des carreleurs chevronnés poser puis jointer des sols en grès cérame, en pierre naturelle ou en terre cuite. Ce que j’ai appris, c’est que la pose elle-même ne représente que la moitié du travail : faire des joints de carrelage au sol correctement, c’est ce qui garantit la durabilité, l’étanchéité et la finition impeccable d’un carrelage. Trop de bricoleurs bâclent cette étape, persuadés qu’il suffit de tartiner un peu de pâte entre les carreaux. Résultat : des joints qui se fissurent après six mois, des infiltrations d’eau sous le carrelage, et un sol qui finit par sonner creux. Dans ce guide, je vous transmets la méthode professionnelle, celle que m’ont enseignée les artisans avec qui je collabore depuis plus de quinze ans.

Pourquoi les joints de carrelage au sol sont indispensables

Les joints ne sont pas un détail esthétique : ils remplissent trois fonctions techniques essentielles. D’abord, ils absorbent les mouvements du bâtiment. Un immeuble haussmannien à Paris bouge en permanence, les dalles béton se dilatent avec la chaleur, et sans joints de carrelage, les carreaux se fissureraient ou se décolleraient sous la contrainte. Ensuite, les joints assurent l’étanchéité de la surface, empêchant l’eau de s’infiltrer sous le carrelage, ce qui provoquerait moisissures et dégradation de la chape. Enfin, ils participent à la cohésion structurelle du sol en répartissant les charges entre les carreaux.

La norme DTU 52.1 encadre la pose de carrelage scellé et collé en France. Elle impose des largeurs minimales de joints selon le format des carreaux et le type de pose. Pour un carrelage rectifié en pose droite en intérieur, le joint minimum est de 2 mm. Pour un carreau non rectifié, comptez 3 à 5 mm minimum. En pose décalée ou en diagonale, la largeur augmente encore. Ces normes existent pour de bonnes raisons : les ignorer, c’est s’exposer à des désordres que votre assurance ne couvrira pas.

J’ai vu des propriétaires tenter des joints de 1 mm sur du 60 × 60 pour obtenir un « effet sans joint ». Six mois plus tard, les carreaux se décollaient dans la cuisine. Si vous cherchez un sol lisse et continu sans joints visibles, je vous recommande plutôt de vous tourner vers un sol en béton ciré, dont j’ai détaillé les prix réels au m² dans un article dédié.

Matériel nécessaire pour faire des joints de carrelage au sol

Avant de commencer, rassemblez tout le matériel. Rien de pire que de chercher une éponge pendant que le mortier durcit dans les interstices. Voici la liste complète :

  • Mortier joint adapté à votre usage (intérieur, extérieur, sol chauffant) : sac de 5 ou 25 kg selon la surface
  • Raclette en caoutchouc (platoir à joints) d’au moins 20 cm de large, souple mais ferme
  • Seau de maçon de 15 litres et un seau d’eau propre séparé
  • Mélangeur sur perceuse ou malaxeur à vitesse lente (400 à 600 tr/min maximum)
  • Éponge à joints à pores fins (pas une éponge ménagère classique, trop molle)
  • Chiffon microfibre ou peau de chamois pour le lustrage final
  • Genouillères de carreleur : vous allez passer du temps au sol, protégez vos genoux
  • Vaporisateur rempli d’eau pour humidifier les joints si nécessaire
  • Spatule fine ou cutter pour retirer les éventuels résidus de colle dans les interstices

Pour le mortier joint, ne lésinez pas sur la qualité. Un sac premier prix à 4 € les 5 kg tiendra mal dans le temps, surtout sur un sol soumis à passage fréquent. Les marques professionnelles comme Weber, Mapei ou Litokol proposent des formules souples et hydrofuges autour de 12 à 18 € les 5 kg, qui justifient largement la différence de prix. On trouve ces références en grande surface spécialisée type Leroy Merlin ou chez les négoces carrelage.

Choisir le bon mortier joint : types, couleurs et dosage

Le choix du mortier joint dépend de trois critères : la largeur du joint, l’usage du sol et le rendu esthétique souhaité. Voici un tableau comparatif pour vous orienter :

Type de mortier joint Largeur de joint Usage recommandé Prix indicatif (5 kg) Particularité
Cimentaire classique 2 à 15 mm Sol intérieur standard 6 à 10 € Bon rapport qualité-prix, large choix de teintes
Cimentaire souple (flex) 2 à 20 mm Sol chauffant, grandes surfaces 10 à 15 € Résiste aux dilatations thermiques
Époxy bi-composant 1 à 15 mm Cuisine pro, salle de bain, terrasse 25 à 45 € Étanche, résistant aux acides, ne se tache pas
Prêt à l’emploi (pâte) 1 à 6 mm Petites surfaces, réparations 15 à 22 € Pratique mais moins résistant à l’usure au sol

Comment faire le mélange pour joint de carrelage ?

Pour un mortier cimentaire en poudre, la règle de base est simple : versez l’eau dans le seau d’abord, puis ajoutez la poudre progressivement. Le dosage eau standard est de 5,5 à 6,5 litres pour 25 kg de poudre, mais chaque fabricant indique son ratio précis sur l’emballage. Mélangez à vitesse lente pendant 2 à 3 minutes jusqu’à obtenir une consistance de pâte à crêpes épaisse, homogène, sans grumeaux. Laissez reposer 5 minutes (temps de murissement), puis remélangez brièvement sans ajouter d’eau. Un joint trop liquide se rétractera en séchant et fissurera ; un joint trop épais ne pénétrera pas correctement dans les interstices.

Mon conseil : préparez des quantités que vous pouvez appliquer en 20 à 30 minutes maximum. Au-delà, le mortier commence à prendre dans le seau et perd sa maniabilité. Pour 10 à 15 m², un demi-sac de 12,5 kg constitue une bonne base de travail.

Le choix de la couleur

La couleur du joint influence considérablement le rendu final. Un joint ton sur ton avec le carrelage crée un effet de surface continue, élégant et apaisant. Un joint contrasté (joint gris foncé sur carrelage clair, par exemple) souligne le calepinage et donne du caractère, mais expose la moindre irrégularité. Pour un premier essai, je recommande systématiquement le ton sur ton : il pardonne les petites imperfections. Si vous hésitez, procurez-vous des échantillons de mortier et testez-les sur un carreau avant de vous lancer sur toute la surface.

Préparer la surface avant le jointoiement

Cette étape conditionne tout le résultat. Faire les joints de carrelage après pose ne s’improvise pas : il faut respecter un timing précis et une préparation rigoureuse.

Attendez le bon délai après la pose. La colle doit être complètement sèche avant de jointer. En conditions normales (température entre 15 et 25 °C, hygrométrie modérée), comptez 24 heures minimum, idéalement 48 heures. Sur un sol chauffant, coupez le chauffage 48 heures avant la pose et ne le rallumez que 7 jours après le jointoiement. C’est un point que beaucoup de bricoleurs négligent, et les conséquences sont toujours les mêmes : des joints qui craquent sous l’effet de la dilatation thermique prématurée.

Nettoyez les interstices. Passez une spatule fine ou un cutter dans chaque joint pour retirer les bavures de colle qui dépassent. La colle séchée empêche le mortier joint d’adhérer correctement sur les flancs des carreaux. Aspirez ensuite soigneusement toute la poussière avec un aspirateur de chantier. Un sol sale, c’est un joint qui n’adhère pas.

Humidifiez légèrement les joints. Avec un vaporisateur, brumisez les interstices pour que la chape et les flancs des carreaux n’absorbent pas trop vite l’eau du mortier. Attention : humidifier, pas détremper. Il ne doit rester aucune flaque dans les joints. Sur un carrelage en grès cérame émaillé peu poreux, cette étape est moins critique, mais elle reste bénéfique sur les terres cuites, les pierres naturelles et les carreaux non émaillés.

Technique d’application des joints étape par étape

Voici la méthode professionnelle que j’ai observée chez les meilleurs carreleurs parisiens avec qui je travaille. Elle fonctionne aussi bien pour un débutant motivé que pour un bricoleur confirmé.

Étape 1 : déposer le mortier

Prélevez une bonne quantité de mortier avec la raclette en caoutchouc et déposez-la directement sur le carrelage, à côté de la zone à jointer. Travaillez par sections de 2 à 3 m² maximum : c’est la surface que vous pouvez jointer et nettoyer avant que le mortier ne commence à durcir.

Étape 2 : garnir les joints en diagonale

Tenez la raclette à 45 degrés par rapport au sol et étalez le mortier en passes diagonales par rapport aux lignes de joint. Cette technique est fondamentale : si vous passez la raclette parallèlement au joint, elle creuse le mortier au lieu de le pousser dedans. En diagonale, la raclette remplit efficacement les interstices tout en raclant l’excédent sur la surface des carreaux. Effectuez 2 à 3 passes croisées pour garantir un remplissage total, en appuyant fermement.

Étape 3 : racler l’excédent

Toujours avec la raclette tenue à 45°, repassez en diagonale pour retirer le maximum de mortier en surface. L’objectif est de ne laisser qu’un voile fin sur les carreaux tout en maintenant les joints bien pleins. Ne soyez pas trop agressif : mieux vaut laisser un peu de surplus que de vider les joints en raclant trop fort.

Étape 4 : lisser et nettoyer

C’est l’étape critique, celle qui fait la différence entre un joint amateur et un joint professionnel. J’y consacre la section suivante en détail, car le timing et la technique de nettoyage sont déterminants.

Comment faire des joints de carrelage sans les creuser ?

C’est la question que l’on me pose le plus souvent. Le creusement involontaire des joints vient presque toujours de deux erreurs : passer l’éponge trop tôt (le mortier est encore mou et l’éponge l’arrache) ou appuyer trop fort lors du nettoyage. Pour l’éviter, attendez que le joint ait commencé à matifier en surface (il perd son aspect brillant et mouillé), puis passez l’éponge avec des mouvements circulaires légers, sans jamais suivre la ligne du joint. Rincez l’éponge très fréquemment dans l’eau propre et essorez-la bien avant chaque passage. L’éponge doit être humide, pas dégoulinante.

Nettoyage, finitions et séchage

Quand passer l’éponge sur un joint de carrelage ?

Le timing précis dépend de la température ambiante et de l’hygrométrie, mais voici le repère fiable que m’a transmis un carreleur installé depuis trente ans dans le 11e arrondissement : touchez le joint du bout du doigt. S’il colle encore franchement, attendez. S’il est ferme au toucher mais que votre doigt laisse une légère empreinte, c’est le moment. Concrètement, cela correspond à 15 à 30 minutes après l’application à 20 °C. Par temps chaud (au-dessus de 28 °C), ce délai peut descendre à 10 minutes ; par temps frais (en dessous de 15 °C), il peut monter à 45 minutes.

La technique de nettoyage se déroule en trois passes successives :

  1. Première passe : éponge humide bien essorée, mouvements circulaires doux pour enlever le gros du voile de ciment. Rincez l’éponge après chaque passage de 40 à 50 cm.
  2. Deuxième passe (10 minutes après) : éponge propre, eau propre, mouvements plus assurés pour uniformiser la surface des joints et retirer les traces résiduelles.
  3. Troisième passe (une fois le joint bien mat, environ 1 heure après) : chiffon microfibre sec pour lustrer la surface des carreaux et éliminer le voile blanchâtre restant.

Si un voile de ciment persiste malgré le lustrage, attendez 24 heures puis utilisez un produit décapant ciment (acide tamponné) en suivant les instructions du fabricant. Attention aux carreaux en pierre naturelle ou en terre cuite : l’acide peut les attaquer. Faites toujours un essai dans un coin peu visible.

Temps de séchage

Le joint est manipulable après 24 heures, mais sa prise complète demande 48 à 72 heures. Pendant cette période, évitez toute circulation sur le sol, ne posez aucun meuble, et ne nettoyez pas à grande eau. Pour un joint époxy, le durcissement complet intervient sous 24 heures, mais ce type de joint nécessite un nettoyage immédiat et méticuleux, car une fois pris, il est quasiment impossible à retirer.

Cas particulier : joints de carrelage au sol extérieur

Si vous devez faire des joints de carrelage au sol extérieur, les contraintes sont plus sévères. Le gel, la pluie, les UV et les variations thermiques importantes imposent un mortier spécifique. Choisissez impérativement un mortier joint pour extérieur classé C2S1 ou un mortier époxy. La largeur minimale des joints passe à 5 mm selon le référentiel Qualité Construction applicable aux terrasses et balcons, pour absorber les dilatations thermiques plus importantes qu’en intérieur.

Sur une terrasse, la pente d’écoulement doit être vérifiée avant le jointoiement : 1,5 % minimum (soit 1,5 cm par mètre) pour éviter la stagnation d’eau. Les joints de fractionnement, ces joints souples en silicone ou en mastic polyuréthane qui découpent la surface tous les 20 à 40 m², doivent être posés avant les joints de carrelage cimentaires. Ne les confondez pas : un joint de fractionnement n’est jamais en ciment.

En hiver, ne jointoyez jamais si la température descend sous 5 °C dans les 48 heures qui suivent. Le gel pendant la prise détruit la structure du mortier et le rend friable. J’ai vu des terrasses entières rejointoyées en avril après un jointoiement trop optimiste en novembre.

Erreurs fréquentes et solutions de rattrapage

En quinze ans de chantiers supervisés, j’ai identifié les erreurs récurrentes. Voici comment les éviter, et comment rattraper le tir si le mal est fait.

Erreur n°1 : joints fissurés après séchage. La cause est presque toujours un excès d’eau dans le mélange. Le mortier trop liquide se rétracte en séchant et craquelle. Solution : retirez le joint fissuré avec un grattoir à joints (outil en carbure disponible pour 8 à 12 €) et rejointoyez avec un mélange correctement dosé. Si les fissures sont superficielles, un joint de réparation en pâte prête à l’emploi peut suffire.

Erreur n°2 : joints creusés. L’éponge a été passée trop tôt ou trop fort. Si le creux est léger (moins de 1 mm), vous pouvez appliquer une fine couche de mortier frais par-dessus en procédant comme pour un jointoiement classique. Si le creux est important, grattez et recommencez la section.

Erreur n°3 : voile de ciment incrusté. Vous avez attendu trop longtemps avant de nettoyer. Utilisez un décapant laitance de ciment (Lithofin, HG, ou équivalent) dilué selon les instructions. Laissez agir 5 à 10 minutes, frottez avec une brosse nylon (jamais métallique sur du carrelage émaillé), puis rincez abondamment. Pour un carrelage en salle de bain rénovée, cette étape est d’autant plus importante que les résidus de ciment favorisent l’accroche du calcaire.

Erreur n°4 : couleur inhomogène des joints. Cela survient quand le dosage eau-poudre varie d’une gâchée à l’autre, ou quand certaines zones ont séché plus vite (courant d’air, ensoleillement). La seule vraie solution est de toujours préparer le même ratio et de protéger la pièce des courants d’air pendant les 24 premières heures.

Erreur n°5 : négliger les joints périphériques. Le joint entre le carrelage et les murs (ou les huisseries) n’est jamais en ciment. C’est un joint de dilatation qui doit être réalisé en silicone ou mastic souple, appliqué au pistolet après séchage complet des joints de carrelage. Son absence provoque des fissures dans les angles et des décollements en rive. Si vous envisagez une alternative au carrelage pour certaines zones, j’ai comparé les options dans mon article sur le choix d’une entreprise de béton ciré.

Entretien des joints sur le long terme

Des joints bien posés durent 15 à 20 ans sans intervention majeure, à condition de les entretenir correctement. Le nettoyage des joints de carrelage au sol au quotidien se fait simplement avec une serpillière humide et un nettoyant neutre (pH 7). Évitez les produits acides (vinaigre blanc pur, anticalcaire concentré) sur les joints cimentaires : ils attaquent le ciment et finissent par les rendre poreux.

Pour un nettoyage en profondeur trimestriel, utilisez du percarbonate de soude dilué dans de l’eau chaude (2 cuillères à soupe par litre). Appliquez sur les joints avec une brosse à dents, laissez agir 15 minutes, puis rincez. C’est efficace, écologique et sans danger pour le ciment.

Si vos joints sont très encrassés ou noircis par les moisissures (fréquent en salle de bain ou en cuisine), un traitement à la vapeur avec un nettoyeur vapeur à main donne d’excellents résultats sans aucun produit chimique. Passez la buse lentement le long du joint, puis essuyez immédiatement avec un chiffon. Attention, la vapeur peut ramollir un joint silicone : réservez cette technique aux joints cimentaires.

Enfin, l’application d’un imperméabilisant pour joints (hydrofuge) une fois par an prolonge considérablement leur durée de vie, surtout dans les pièces humides. Ce produit se passe au pinceau fin le long de chaque joint et crée une barrière invisible contre l’eau et les taches. Comptez environ 15 à 25 € le flacon de 250 ml, suffisant pour 15 à 20 m².

Un sol bien jointé et bien entretenu traversera les années sans problème. C’est d’ailleurs un critère que je vérifie systématiquement quand je visite un appartement en rénovation : l’état des joints en dit long sur la qualité de la pose initiale. Si vous êtes en pleine réflexion sur les revêtements de sol pour votre intérieur, jetez aussi un œil à mon guide sur le parquet massif ou contrecollé, une alternative au carrelage qui mérite d’être considérée selon les pièces.

Le carrelage reste l’un des revêtements les plus durables pour un sol, à condition que la finition soit à la hauteur de la pose. Avec les bons outils, le bon mortier et la méthode décrite ici, faire des joints de carrelage au sol est à la portée de tout bricoleur méthodique. Prenez votre temps, respectez les délais de séchage, et vous obtiendrez un résultat dont vous serez fier pendant des années.

À retenir

  • Respectez un délai de 24 à 48 heures après la pose du carrelage avant de commencer le jointoiement
  • Dosez le mortier avec précision : environ 6 litres d’eau pour 25 kg, consistance pâte à crêpes épaisse, et préparez par petites quantités de 20 minutes de travail
  • Appliquez toujours la raclette en diagonale à 45° par rapport aux lignes de joint pour éviter de creuser
  • Passez l’éponge entre 15 et 30 minutes après application, quand le joint matifie au toucher, jamais avant
  • Utilisez un mortier adapté à l’usage : cimentaire souple pour sol chauffant, époxy pour zones humides intensives, et toujours un mortier extérieur spécifique en terrasse

Questions fréquentes


Comment bien faire des joints de carrelage au sol ?

La réussite repose sur trois piliers : un mortier correctement dosé (ni trop liquide, ni trop épais), une application en passes diagonales à 45° avec une raclette en caoutchouc, et un nettoyage à l’éponge au bon moment, entre 15 et 30 minutes après application. Travaillez par sections de 2 à 3 m² pour garder le contrôle du timing, et ne marchez pas sur le sol pendant 24 heures après le jointoiement.


Comment faire le mélange pour joint de carrelage ?

Versez d’abord l’eau dans le seau (environ 5,5 à 6,5 litres pour 25 kg de poudre, selon le fabricant), puis ajoutez la poudre progressivement en mélangeant à vitesse lente avec un malaxeur. Mélangez 2 à 3 minutes jusqu’à obtenir une pâte homogène sans grumeaux, laissez reposer 5 minutes, puis remélangez brièvement sans ajouter d’eau. Ne préparez que la quantité utilisable en 20 à 30 minutes.


Quand passer l’éponge sur un joint de carrelage ?

Attendez que le joint commence à matifier en surface, c’est-à-dire qu’il perde son aspect brillant et mouillé. Touchez-le du bout du doigt : s’il est ferme mais laisse une légère empreinte, c’est le bon moment. Cela correspond généralement à 15 à 30 minutes à 20 °C. L’éponge doit être humide et bien essorée, jamais dégoulinante, et les mouvements doivent être circulaires, jamais parallèles au joint.


Comment faire des joints de carrelage sans les creuser ?

Le creusement vient d’un nettoyage trop précoce ou trop appuyé. Attendez toujours que le joint ait commencé à matifier avant de passer l’éponge. Utilisez une éponge à joints professionnelle (pores fins, ferme), essorez-la correctement, et passez-la en mouvements circulaires légers sans jamais suivre la ligne du joint. Rincez l’éponge très fréquemment dans de l’eau propre pour éviter de redéposer du mortier dilué sur la surface.


Combien de temps faut-il pour faire des joints de carrelage au sol ?

Pour une surface de 15 m² en carrelage 30 × 60 cm, comptez environ 2 à 4 heures de travail effectif, incluant la préparation du mortier, l’application, le nettoyage en trois passes et le lustrage. À cela s’ajoutent 24 heures de séchage avant toute circulation légère, et 48 à 72 heures avant de poser des meubles ou nettoyer à grande eau.


Quel joint choisir pour un carrelage au sol sur plancher chauffant ?

Sur un sol chauffant, utilisez exclusivement un mortier joint souple (flex), classé « déformable » ou portant la mention S1. Ce type de mortier absorbe les dilatations thermiques sans se fissurer. Coupez le chauffage 48 heures avant la pose du carrelage, et ne le rallumez que 7 jours après le jointoiement, en remontant la température progressivement de 5 °C par jour.


Alizé Leroy
Alizé Leroy

Alizé Leroy est architecte d'intérieur DPLG, diplômée des Beaux-Arts de Paris, et ex-collaboratrice de Marie Claire Maison. Après huit ans en rédaction sponsorisée, elle fonde Alizé Déco pour écrire enfin librement sur les intérieurs, les matières et les artisans qu'elle aurait voulu rencontrer plus tôt dans sa carrière.