Rénover une cheminée ancienne : conserver, bloquer ou remplacer

Dans cet article

  • Un ramonage obligatoire et un diagnostic du conduit coûtent entre 150 et 400 € et conditionnent toute la suite du chantier
  • Conserver une cheminée ancienne en foyer ouvert revient entre 800 et 3 500 € selon l’état du manteau, du foyer et du conduit
  • Bloquer (condamner) un conduit de cheminée coûte entre 200 et 900 € et nécessite une ventilation résiduelle obligatoire
  • L’installation d’un insert dans une cheminée existante représente un budget de 3 000 à 7 500 € pose comprise, avec un rendement qui passe de 10-15 % à 70-85 %
  • Les aides MaPrimeRénov’ peuvent couvrir jusqu’à 2 500 € pour un insert labellisé Flamme Verte 7 étoiles, sous conditions de revenus
  • Le choix entre conserver, bloquer ou remplacer dépend de trois critères objectifs : l’état structurel du conduit, votre usage réel du chauffage au bois et la réglementation locale (ZFE, PLU, copropriété)

Quand on achète un appartement haussmannien ou une maison de caractère, la cheminée ancienne fait souvent partie du coup de cœur. Puis viennent les questions concrètes : est-ce que le conduit fonctionne encore ? Est-ce que je peux allumer un feu sans risque ? Faut-il tout bloquer pour isoler ou investir dans un insert ? Après quinze ans de chantiers de rénovation à Paris et en Île-de-France, j’ai vu toutes les configurations possibles. Je vous donne ici la méthode que j’applique moi-même, sans sponsoring, pour trancher entre conservation, blocage et remplacement.

Diagnostic avant travaux : ce qu’il faut vérifier en premier

Avant de décider quoi que ce soit, il faut savoir exactement dans quel état se trouve votre cheminée. Je commence toujours par trois vérifications, et je vous recommande de faire la même chose avant de contacter un artisan.

Le ramonage et le test de vacuité du conduit sont la première étape non négociable. Un ramoneur certifié Qualibat passe un hérisson dans le conduit et vérifie qu’il n’y a pas d’obstruction (nid d’oiseau, débris de maçonnerie, ancien chapeau effondré). Le certificat de ramonage est exigé par votre assurance habitation : sans lui, tout sinistre lié au feu ne sera pas couvert. Comptez entre 60 et 120 € pour un ramonage simple.

Ensuite, je fais systématiquement réaliser un diagnostic du conduit par un fumiste. Ce professionnel passe une caméra endoscopique dans le conduit pour repérer les fissures, les joints défaillants et l’état du tubage éventuel. Ce diagnostic coûte entre 150 et 300 € mais il vous évite de découvrir un problème après 5 000 € de travaux. Le fumiste vous remettra un rapport avec l’état du conduit classé de 1 (parfait) à 3 (inutilisable en l’état).

Diagnostic du conduit de cheminée par caméra endoscopique avant travaux
Diagnostic du conduit de cheminée par caméra endoscopique avant travaux

Troisième point : l’état du manteau et du foyer. Une cheminée en marbre avec des fissures traversantes, un foyer dont les briques réfractaires s’effritent ou une hotte en plâtre qui sonne creux ne se rénovent pas de la même façon. Je palpe, je tapote, je vérifie l’aplomb avec un niveau. En haussmannien, les manteaux en marbre sont souvent en bon état structurel même après 150 ans, mais les foyers ont fréquemment été maltraités par des générations de feux sans précaution.

Ces trois diagnostics réunis vous coûtent entre 200 et 400 € et vous donnent la base factuelle pour décider. Sans eux, vous prenez une décision à l’aveugle, et c’est exactement comme ça qu’on se retrouve avec un chantier qui dérape. Si vous cherchez un fumiste compétent, je vous renvoie à mes critères pour repérer un mauvais devis.

Conserver la cheminée en foyer ouvert : quand et comment

La conservation d’une cheminée à foyer ouvert a du sens dans un cas précis : vous tenez à l’usage décoratif et occasionnel du feu, le conduit est en bon état (classe 1 ou 2), et vous n’êtes pas situé dans une zone à faibles émissions (ZFE) qui restreint les feux ouverts. Dans ce cas, voici ce que je recommande.

La réfection du foyer commence par le remplacement des briques réfractaires. Un maçon fumiste remplace les briques fissurées ou éclatées, refait les joints au mortite (mortier réfractaire) et vérifie la sole (le plancher du foyer). Pour un foyer standard de 70 × 60 cm, comptez entre 400 et 900 € de main-d’œuvre et fournitures. Je déconseille formellement les kits de briques collées vendus en grande surface : ils tiennent rarement plus de deux saisons.

Si le conduit présente des fissures (classe 2), un tubage en inox 316L s’impose. Le fumiste descend un tube flexible dans le conduit existant, ce qui garantit l’étanchéité et le tirage. Le tubage coûte entre 800 et 2 200 € selon la longueur du conduit (comptez environ 100 à 150 € par mètre linéaire). C’est un investissement que je considère comme obligatoire dès que le diagnostic révèle la moindre fissure : un conduit fissuré, c’est un risque d’intoxication au monoxyde de carbone et un risque d’incendie par propagation dans les cloisons.

Pensez aussi à la plaque de cheminée (ou taque) en fonte, posée au fond du foyer. Elle protège le mur du fond, rayonne la chaleur vers la pièce et apporte une touche esthétique authentique. Les plaques anciennes se trouvent chez les marchands de matériaux de récupération entre 150 et 600 € selon la taille et les motifs. Les plaques neuves en fonderie artisanale démarrent à 300 €.

Un foyer ouvert n’a qu’un rendement de 10 à 15 % : 85 à 90 % de la chaleur part dans le conduit. Ce n’est pas un mode de chauffage, c’est un agrément. Si vous cherchez de la performance énergétique, passez directement à la section sur les inserts.

Bloquer ou condamner le conduit : la bonne méthode

Bloquer une cheminée est une décision parfaitement légitime. Quand le conduit est en mauvais état (classe 3), que vous ne faites jamais de feu, ou que vous voulez simplement améliorer l’isolation de votre logement, condamner le conduit est souvent la solution la plus rationnelle. Un conduit ouvert non utilisé, c’est un courant d’air permanent qui vous fait perdre jusqu’à 15 % de votre chauffage selon l’ADEME.

Mais attention : bloquer ne signifie pas boucher hermétiquement. La réglementation sanitaire (Code de la santé publique, article R1331-22) impose de maintenir une ventilation résiduelle dans tout conduit condamné pour éviter les problèmes d’humidité et de condensation. Concrètement, il faut laisser passer un minimum d’air.

Voici les trois méthodes que j’utilise, de la plus simple à la plus aboutie :

Le ballon obturateur (ou Chimney Balloon) : c’est un ballon gonflable en plastique renforcé que l’on insère dans le conduit et que l’on gonfle. Il bloque le courant d’air principal tout en laissant une micro-ventilation par sa valve. Budget : 30 à 60 €, réversible en deux minutes. C’est ma recommandation pour les locataires ou ceux qui veulent pouvoir réutiliser la cheminée plus tard.

La trappe de registre : une plaque métallique avec clapet, fixée dans l’avaloir (la partie basse du conduit, au-dessus du foyer). Le maçon scelle la plaque et laisse le clapet réglable pour la ventilation. Budget : 200 à 500 € pose comprise. Solution semi-définitive et propre.

L’obturation maçonnée avec grille de ventilation : le fumiste maçonne une dalle de béton allégé dans le conduit, à hauteur de l’avaloir, et insère une grille de ventilation de 20 cm² minimum. C’est la solution définitive quand on est certain de ne plus jamais faire de feu. Budget : 400 à 900 €. Je fais toujours poser la grille en laiton brossé plutôt qu’en PVC blanc, pour la discrétion esthétique dans un intérieur soigné.

Conduit de cheminée condamné avec grille de ventilation en laiton intégrée
Conduit de cheminée condamné avec grille de ventilation en laiton intégrée

Dans tous les cas, ne comblez jamais un conduit avec de la mousse expansive ou du béton coulé sur toute la hauteur. J’ai vu ce bricolage catastrophique dans un appartement du 9e arrondissement : la condensation piégée avait provoqué des infiltrations d’humidité dans les murs mitoyens, avec des dégâts estimés à 12 000 € de reprises. Le conduit doit rester ventilé, même condamné.

Installer un insert : le remplacement qui change tout

Si vous voulez continuer à profiter du feu de bois tout en gagnant en performance, l’insert est la solution que je recommande le plus souvent. Un insert transforme votre foyer ouvert à 10-15 % de rendement en un appareil de chauffage à 70-85 % de rendement. La différence est spectaculaire : avec la même quantité de bois, vous chauffez réellement votre pièce au lieu de chauffer le ciel.

Option Rendement Budget moyen (pose incluse) Durée des travaux Réversibilité
Foyer ouvert conservé 10-15 % 800 à 3 500 € 1 à 3 jours Totale
Conduit bloqué (ballon) Sans objet 30 à 60 € 10 minutes Totale
Conduit bloqué (maçonné) Sans objet 400 à 900 € 1 jour Possible mais coûteuse
Insert bois bûches 70-80 % 3 000 à 6 000 € 1 à 2 jours Difficile
Insert granulés 80-95 % 4 500 à 7 500 € 1 à 2 jours Difficile

Pour choisir le bon insert, je vérifie systématiquement quatre critères techniques :

Les dimensions du foyer existant. L’insert doit rentrer dans l’ouverture de votre cheminée avec une marge suffisante pour l’isolation périphérique (laine de roche haute température). Mesurez largeur, hauteur et profondeur du foyer, et comparez avec les cotes de l’appareil. Un insert trop grand oblige à casser le manteau ; un insert trop petit laisse des espaces disgracieux.

Le diamètre du conduit. La plupart des inserts nécessitent un conduit de 150 mm de diamètre minimum (180 mm pour les grands modèles). Si votre conduit ancien est plus large, le tubage inox s’adapte. S’il est plus étroit, c’est un problème sérieux qui peut nécessiter un chemisage spécifique.

La labellisation Flamme Verte. Pour bénéficier des aides MaPrimeRénov’, l’insert doit être labellisé Flamme Verte 7 étoiles, ce qui garantit un rendement supérieur à 75 % et des émissions de particules fines inférieures à 40 mg/Nm³. C’est aussi un bon indicateur de qualité de fabrication.

La puissance adaptée au volume. Je calcule environ 1 kW pour 10 m² dans une maison moyennement isolée (plafond 2,50 m). Un salon de 30 m² nécessite un insert de 8 à 10 kW. Surdimensionner est une erreur fréquente : un insert trop puissant fonctionnera au ralenti, encrassera le conduit et polluera davantage. Ce sujet rejoint directement la question de la rénovation électrique quand on repense l’ensemble du système de chauffage.

La pose elle-même prend un à deux jours pour un installateur expérimenté. Il faut compter une demi-journée de préparation (protection du sol, démontage éventuel de l’ancien habillage), une demi-journée de tubage du conduit, puis la mise en place de l’insert et le raccordement. Je recommande de faire poser l’insert par un installateur RGE Qualibois : c’est obligatoire pour les aides, et c’est un gage de compétence sur les normes DTU 24.1 et 24.2 qui régissent les conduits de fumée.

Rénover le manteau et l’habillage : pierre, marbre, bois ou enduit

Le manteau de cheminée, c’est l’élément architectural visible, celui qui donne le caractère à votre pièce. Qu’il soit en marbre, en pierre, en bois sculpté ou simplement en plâtre moulé, sa rénovation mérite une attention particulière. J’ai travaillé avec des marbriers et des tailleurs de pierre parisiens pendant des années ; voici ce que j’ai appris.

Insert à bois moderne installé dans une cheminée ancienne en pierre restaurée
Insert à bois moderne installé dans une cheminée ancienne en pierre restaurée

Manteau en marbre. Le nettoyage se fait au savon noir dilué et à l’éponge, jamais au vinaigre ni au citron qui attaquent le calcaire du marbre. Pour les taches profondes (suie incrustée, rouille), un cataplasme de blanc de Meudon et d’eau oxygénée laissé 24 heures fait des miracles. Les éclats et fissures se réparent au mastic bi-composant teinté dans la masse. Un marbrier professionnel facture entre 500 et 1 500 € pour une restauration complète (ponçage, rebouchage, polissage). C’est un métier de précision qui ne s’improvise pas.

Manteau en pierre (calcaire, grès). Un nettoyage à la brosse douce et au savon de Marseille suffit souvent. Pour les pierres très encrassées, un micro-gommage (projection de poudre fine à basse pression) est la méthode la plus respectueuse. Évitez le sablage classique qui creuse la pierre tendre. Un tailleur de pierre facture entre 600 et 2 000 € la restauration selon l’état et la complexité des moulures.

Manteau en bois. Les manteaux en chêne, noyer ou acajou se décapent au décapant chimique (type V33 Décapant Bois) ou par aérogommage, puis se retraitent : huile dure pour un aspect naturel, cire pour un aspect patiné, ou peinture si vous souhaitez moderniser. Un ébéniste restaurateur facture entre 400 et 1 200 €. Si le bois est vermoulu en profondeur, un traitement d’injection insecticide-fongicide (type Xylophène) est indispensable avant toute finition.

Habillage en plâtre ou enduit. C’est la configuration la plus courante dans les cheminées des années 70-80. Deux options : soit vous ragréez et repeignez à la peinture haute température (résistante jusqu’à 300 °C pour les zones proches du foyer), soit vous posez un nouvel habillage. Les plaques de pierre reconstituée, les carreaux de faïence ou un simple enduit à la chaux donnent un résultat très différent pour un budget de 300 à 800 €. Pour choisir le bon matériau en fonction de votre intérieur, mon article sur les tendances matériaux 2026 vous donnera des pistes concrètes.

Quel que soit le matériau, n’oubliez pas la tablette (le dessus du manteau). Si elle est en marbre ou en pierre, un ponçage fin suivi d’une imperméabilisation hydrofuge la protégera des taches. Si elle est en bois, une huile dure mate est plus résistante qu’un vernis qui finit par s’écailler avec la chaleur.

Budget réel et aides financières en 2026

Je déteste les articles qui donnent des fourchettes de prix tellement larges qu’elles ne servent à rien. Voici les budgets réels que j’observe sur mes chantiers en 2026, en Île-de-France (ajustez à la baisse de 10 à 20 % en province).

Poste Fourchette basse Fourchette haute Remarque
Ramonage + diagnostic conduit 150 € 400 € Obligatoire avant tout projet
Tubage inox conduit (6 m) 800 € 2 200 € Inox 316L, garantie 10 ans minimum
Réfection foyer (briques réfractaires) 400 € 900 € Main-d’œuvre fumiste incluse
Obturation maçonnée avec grille 400 € 900 € Grille ventilation 20 cm² minimum
Insert bois bûches posé 3 000 € 6 000 € Hors tubage si nécessaire
Insert granulés posé 4 500 € 7 500 € Alimentation électrique à prévoir
Restauration manteau marbre 500 € 1 500 € Par un marbrier professionnel
Restauration manteau pierre 600 € 2 000 € Micro-gommage + reprise moulures
Habillage neuf (enduit, faïence) 300 € 800 € Fournitures + pose

Côté aides, le dispositif MaPrimeRénov’ reste accessible en 2026 pour l’installation d’un insert labellisé Flamme Verte 7 étoiles, posé par un artisan RGE. Le montant varie selon vos revenus :

  • Ménages très modestes (MaPrimeRénov’ Bleu) : jusqu’à 2 500 € d’aide
  • Ménages modestes (MaPrimeRénov’ Jaune) : jusqu’à 1 500 €
  • Ménages intermédiaires (MaPrimeRénov’ Violet) : jusqu’à 800 €
  • Ménages aisés (MaPrimeRénov’ Rose) : non éligibles pour cet équipement seul

À ces aides s’ajoutent la TVA réduite à 5,5 % sur la fourniture et la pose (au lieu de 20 %), applicable automatiquement si le logement a plus de deux ans et si l’artisan est RGE. Sur un insert à 5 000 €, cela représente une économie de 725 €. Vérifiez votre éligibilité sur le site France Rénov’, le service public de la rénovation énergétique.

Pour les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE), les primes varient entre 200 et 800 € selon l’opérateur et votre zone géographique. N’hésitez pas à comparer les offres avant de signer : le montant peut varier du simple au triple pour la même opération. J’en parle aussi dans mon guide sur les devis de rénovation maison.

Les erreurs que je vois le plus souvent sur les chantiers

En quinze ans de chantiers, certaines erreurs reviennent avec une régularité décourageante. Je les liste ici pour vous éviter de les reproduire.

Peindre le manteau sans traiter le foyer. J’ai vu des propriétaires dépenser 800 € en peinture décorative sur un manteau tout en gardant un foyer dont les briques s’effritaient. Six mois plus tard, la suie a taché la peinture neuve par capillarité. Traitez toujours le foyer d’abord, le manteau ensuite.

Installer un insert sans vérifier le tirage. Un insert mal dimensionné ou posé dans un conduit au tirage insuffisant refoule. Le fumiste doit réaliser un test de dépression (mesure en Pascal) avant la pose. Le tirage minimum pour un insert est de 10 à 12 Pa. En dessous, il faut soit prolonger le conduit, soit installer un extracteur mécanique.

Boucher le conduit avec de la mousse expansive. Je l’ai déjà mentionné mais je le répète : c’est la pire chose à faire. La mousse ne résiste pas à la chaleur résiduelle, ne ventile pas, et crée un piège à humidité. J’ai vu des factures de reprise de 8 000 à 12 000 € liées à ce seul bricolage.

Oublier la plaque de propreté. Quand on tube un conduit, la jonction entre le tubage et l’insert doit être masquée par une plaque de propreté en inox. Son absence laisse un espace visible d’où s’échappent de fines particules de suie et de la chaleur. C’est un détail à 30 €, mais son oubli gâche le résultat.

Ne pas adapter l’arrivée d’air. Un insert a besoin d’une arrivée d’air comburant, idéalement directe depuis l’extérieur (gaine de 100 mm minimum). Dans un logement bien isolé (ce qui est souvent le cas après une rénovation des fenêtres), l’insert privé d’air comburant ne tire pas correctement et peut provoquer un refoulement de fumée dans la pièce.

Choisir un artisan non qualifié. La pose d’un insert ou le tubage d’un conduit ne sont pas des travaux pour un maçon généraliste. Exigez un fumiste certifié Qualibois ou un installateur RGE spécialisé en appareils de chauffage au bois. La question du choix de l’entreprise se pose à chaque chantier ; pour la cheminée, elle est critique.

Réglementation, copropriété et zones à faibles émissions

La réglementation autour des cheminées s’est considérablement durcie ces dernières années. Voici ce que vous devez savoir avant de lancer des travaux.

En copropriété, le conduit de cheminée est une partie commune (il traverse les étages). Toute modification du conduit (tubage, obturation, raccordement d’un insert) nécessite l’accord de la copropriété en assemblée générale, à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Concrètement, vous devez soumettre votre projet au syndic avec le descriptif technique des travaux et le rapport du fumiste. Comptez un délai de trois à six mois pour obtenir l’autorisation.

Dans les zones à faibles émissions (ZFE), certaines métropoles restreignent ou interdisent l’usage des foyers ouverts. La métropole du Grand Paris a interdit les feux de cheminée en foyer ouvert depuis le 1er janvier 2015 (arrêté inter-préfectoral). L’installation d’un insert performant (Flamme Verte 7 étoiles) reste autorisée. Si vous êtes dans ce cas, le choix se résume à bloquer ou installer un insert ; le foyer ouvert n’est plus une option légale.

Le DTU 24.1 (norme NF DTU 24.1 de septembre 2020) encadre la conception et la mise en œuvre des conduits de fumée. Il impose notamment des distances de sécurité entre le conduit et les matériaux combustibles (16 cm minimum pour un conduit maçonné, 8 cm avec un tubage isolé). Votre fumiste doit respecter cette norme ; en cas de sinistre, l’expert d’assurance vérifiera la conformité au DTU. Consultez les normes DTU 24.1 sur le site de l’AFNOR pour les détails techniques.

Le ramonage obligatoire reste une exigence légale, y compris pour un conduit tubé avec insert. Le règlement sanitaire départemental type (RSDT) impose généralement deux ramonages par an pour les conduits utilisés au bois (dont un pendant la période de chauffe). Conservez vos certificats : ils vous protègent en cas de sinistre et sont souvent exigés par l’assurance.

Enfin, si votre cheminée est classée ou située dans un bâtiment inscrit aux Monuments Historiques, toute modification visible nécessite l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF). Le manteau doit être conservé à l’identique ; seul l’intérieur du foyer et le conduit peuvent être modifiés. Ce cadre contraint mais n’empêche pas l’installation d’un insert, à condition que l’habillage extérieur reste intact. Pour une rénovation globale dans ce type de bâti, mon article sur la rénovation en respectant le budget peut vous aider à arbitrer les priorités.

À retenir

  • Faites réaliser un diagnostic complet (ramonage + caméra endoscopique) avant toute décision : c’est un investissement de 200 à 400 € qui conditionne tout le projet
  • Si vous bloquez le conduit, maintenez impérativement une ventilation résiduelle de 20 cm² minimum pour éviter les problèmes d’humidité et de condensation
  • Pour un insert, exigez un appareil Flamme Verte 7 étoiles posé par un artisan RGE Qualibois : c’est la condition pour obtenir MaPrimeRénov’ et la TVA à 5,5 %
  • En copropriété, anticipez 3 à 6 mois de délai pour l’autorisation en assemblée générale avant de planifier les travaux
  • Demandez 3 devis détaillés à des fumistes certifiés et vérifiez leur attestation d’assurance décennale à jour avant signature

Questions fréquentes


Comment habiller une vieille cheminée ancienne sans la dénaturer ?

Le plus respectueux est de conserver le manteau d’origine et de traiter uniquement le foyer et l’habillage intérieur. Nettoyez le manteau selon son matériau (savon noir pour le marbre, savon de Marseille pour la pierre, décapage doux pour le bois), puis repeignez ou enduisez uniquement la hotte et les jambages si nécessaire. Une peinture à la chaux en finition mate respecte l’esprit d’une cheminée ancienne tout en la rafraîchissant. Évitez les placages de matériaux modernes (béton ciré, carrelage métro) sur un manteau sculpté : la dissonance esthétique est rarement réussie.


Est-il acceptable de bloquer définitivement une cheminée ?

Oui, c’est parfaitement acceptable et même recommandé quand le conduit est en mauvais état ou que la cheminée n’est jamais utilisée. Un conduit ouvert non utilisé fait perdre jusqu’à 15 % du chauffage par courant d’air. La seule obligation est de maintenir une ventilation résiduelle (grille de 20 cm² minimum) pour éviter les problèmes de condensation dans le conduit. En copropriété, l’obturation nécessite un vote en assemblée générale car le conduit est une partie commune.


Quel budget prévoir pour installer un insert dans une cheminée ancienne ?

Comptez entre 3 000 et 6 000 € pour un insert bois bûches posé, et entre 4 500 et 7 500 € pour un insert à granulés, tubage du conduit inclus. Ajoutez 150 à 400 € pour le diagnostic préalable. Déduisez ensuite les aides MaPrimeRénov’ (jusqu’à 2 500 € selon vos revenus), la TVA réduite à 5,5 % et les primes CEE (200 à 800 €). Pour un ménage aux revenus modestes, le reste à charge peut descendre à 1 500 ou 2 000 € pour un insert performant.


Comment moderniser une cheminée rustique des années 70 ?

Les cheminées des années 70 ont souvent un habillage en pierre reconstituée ou en briquettes avec une hotte imposante en plâtre. La méthode la plus efficace est de lisser la hotte avec un enduit de finition (type enduit à la chaux ou plâtre projeté), puis de peindre l’ensemble dans une teinte neutre et mate (blanc cassé, gris perle, beige lin). Remplacez l’éventuelle tablette en pierre reconstituée par une tablette en chêne massif ou en pierre naturelle. Si le foyer est ouvert, c’est aussi le bon moment pour installer un insert qui modernisera l’usage autant que l’esthétique. Pour l’harmonie globale de la pièce, consultez mon guide sur le choix du style de décoration intérieure.


Faut-il un permis ou une autorisation pour rénover une cheminée ?

En maison individuelle, aucune autorisation n’est nécessaire pour rénover l’intérieur du foyer ou poser un insert, sauf si le bâtiment est classé ou situé dans un périmètre de Monument Historique (auquel cas l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France est requis). En copropriété, toute modification du conduit (tubage, obturation, raccordement d’insert) nécessite un vote en assemblée générale car le conduit est une partie commune. Dans les ZFE comme le Grand Paris, les feux en foyer ouvert sont interdits depuis 2015 ; seuls les inserts performants restent autorisés.


Peut-on rénover une cheminée ancienne soi-même ou faut-il un professionnel ?

Le nettoyage du manteau, la peinture de la hotte et les finitions décoratives sont accessibles à un bricoleur soigneux. En revanche, tout ce qui touche au conduit (tubage, obturation maçonnée) et à l’installation d’un insert doit être réalisé par un fumiste certifié. Les normes DTU 24.1 et 24.2 sont strictes et en cas de non-conformité, votre assurance ne couvrira pas un sinistre. De plus, seule la pose par un artisan RGE donne accès aux aides financières. Le bricolage sur un conduit peut avoir des conséquences gravissimes : intoxication au monoxyde de carbone ou incendie par propagation dans les cloisons.


Alizé Leroy
Alizé Leroy

Alizé Leroy est architecte d'intérieur DPLG, diplômée des Beaux-Arts de Paris, et ex-collaboratrice de Marie Claire Maison. Après huit ans en rédaction sponsorisée, elle fonde Alizé Déco pour écrire enfin librement sur les intérieurs, les matières et les artisans qu'elle aurait voulu rencontrer plus tôt dans sa carrière.